Comment choisir et s’équiper en Splitboard ?

Le splitboard est un instrument exceptionnel, qui permet aux snowboardeurs d’accéder au ride sauvage, plus ou moins loin des remontées mécaniques selon la condition physique et les connaissances en montagne.  Alors profitons-en, et explorons ses différentes facettes.

Comment choisir son Splitboard ?

Alors que nos ancêtres des années 80 et 90 venaient du skate ou du ski alpin pour découvrir le carving, le freestyle ou le freeride, le snowboardeur moderne se voit offrir un choix de plus, et profite ainsi du meilleur des deux monde : les capacités de déplacement du ski à la montée, et la facilité alliée au plaisir du surf des neiges à la descente. Aujourd'hui, le snowboard de randonnée est enfin arrivé à maturité...

COMMENT CHOISIR SON SPLITBOARD ET S’ÉQUIPER ?

Qu'est-ce qu'un splitboard ?

Avant, faire de la randonnée en snowboard était une galère. On montait à pieds, snowboard sur le dos, avec des raquettes à neige ou des mini skis d’approche, que l'on devait se trimbaler sur le sac à la descente. Il fallait vraiment être motivés. À cette époque, (heureusement révolue), nombre de snowboardeurs attirés par la randonnée ont rechaussé des skis de rando !

Puis est arrivé le splitboard - traduction littérale : planche divisée - qui permet de monter en ski et descendre en snowboard. Cette invention n’évite pas la sueur à la montée, mais elle a révolutionné la rando en snowboard. Concrètement la board se coupe en deux (ou trois ou quatre) en enlevant les fixations, pour se transformer en ski. On vient poser les fixations sur un braquet, et les peaux de phoque sous chaque ski pour l’ascension, comme un skieur de rando. Une fois au sommet, on joint les deux (3 ou 4) parties à l’aide des fixations (que l’on remet en position snow), des clips (talon et spatule) et des crochets (hooks) qui solidarisent l’ensemble pour devenir un vrai snowboard. La manip’ est rapide et à la descente, quasiment aucune différence entre un split et une board dite « solide ».

Le premier split de série, un Nitro avec son propre système de fixations, remonte au siècle dernier, en 1992, mais le matériel n’était guère abouti, et il a lentement évolué jusqu'au début des années 2000, avec notamment la marque américaine Voilé qui a créé un standard pour les fixations. Jeremy Jones a ensuite rendu un fier service à la pratique et à sa médiatisation en disant adieu aux déposes en hélico et en lançant sa marque Jones Snowboards en 2011.

Niveau innovations, ce sont surtout les systèmes de fixations/interface qui ont fait la différence, améliorant la commodité, les manipulations, le poids. De fait, l’ascension du split a véritablement commencé au début des années 2010, et l’hiver dernier sans remontées mécaniques a tellement boosté le split que l’ensemble de la production a été vendue.

Plus besoin d’attendre l’ouverture des remontées mécaniques pour rider, le splitboard prolonge la saison et le plaisir. 

Quel splitboard acheter ?

Les grandes marques de snowboard ont désormais quasiment toutes au moins un splitboard dans leur offre, et certaines déclinent chaque modèle de board solide en version split à l’instar de Jones Snowboards, le leader du marché.

L’offre est vaste et s’est spécialisée, ce qui fait qu’on trouve forcément un splitboard à son goût, niveau et style de ride : de l’approche courte en utilisant les remontées mécaniques aux longues journées de rando sauvages, des pentes vallonnées aux couloirs, du backcountry à la haute montagne, ou tout ça à la fois !

Si les split 2 parties sont les plus courants, il existe aussi des 4 parties, et même, plus rares, des 3 et 5 parties vraiment axés «rando» (les «skis» sont plus fins et plus efficaces à la montée).

Comment choisir son Splitboard ?

On donne dans ce qui suit différents types de pratiques splitboard et les principaux modèles.

Comment choisir et s’équiper en Splitboard ?

Modèles polyvalents

Préférer une board avec du cambre ou un cambre plat, un shape directionnel légèrement « pintail » (arrière plus étroit que l'avant) mieux adapté à tous les terrains et qui procure une conduite saine. Le cambre inversé manque souvent d’efficacité à la montée.

Amplid Tour Operator, Jones Frontier et Solution,
K2 Marauder, Korua Escalator,  Gnu Gorp,
Lib Tech Split BRD, Nitro Nomad, Plum Transition…

Comment choisir et s’équiper en Splitboard ?

Modèles tendance backcountry

(Pratique freestyle en neiges naturelles.)
Il existe depuis peu toute une gamme de splitboards joueurs, souvent « twin tip » (symétriques à l’avant et à l’arrière), clairement typés freestyle. Certains sont à conseiller notamment pour les débutants en splitboard, car ce sont en général aussi des planches qui apportent de la facilité et du confort, peut être aux dépens de meilleures performances pures.
À noter que des modèles légèrement pintail font parfaitement bien l’affaire en backcountry et seront plus polyvalents que des twin.

Burton Hometown Hero split, Capita Neo Slasher, Dreamscape Splitboard 500,
Jones Mountain Twin,
Lib Tech T Rice Goldmember Split,
Gnu Gorp, Salomon Speedway…

Comment choisir et s’équiper en Splitboard ?

Modèles pour les chasseurs de poudreuse

Pour les runs en forêts et les bonnes conditions de grosse poudre, les splitboards à queue d'hirondelle (ou fish, ou swallowtails) et autres longs guns de poudres sont particulièrement efficaces, mais restent dans une pratique spécifique et sont limités en mode montée, le genre de split qui complète un quiver ou qui convient à des riders qui ne sortent en split que quand les conditions sont particulièrement propices…

Amplid Surf Shuttle et Millisurf, Jones Storm Chaser et Mind Expander split, Nitro Squash split, Phénix Stingray, Plum Talps, Rossignol XV Sashimi Split et Sushi Split, Rossignol XV Sushi split...

Comment choisir et s’équiper en Splitboard ?

Modèles typés montagne et pente raide

Dans du raide et en terrain alpin, un rayon
long sera plus efficace en montée et procure une meilleure tenue en pente raide. 
Il est particulièrement important de choisir une planche à la bonne largeur, les pieds ne doivent pas trop dépasser !

Amplid Milligram, Jones Solution Carbon, 
Plum Prems, Rossignol XV…

Comment choisir et s’équiper en Splitboard ?

Split 4 parties pour de grosses bambées

Le split 4 parties est un snowboard coupé en 3 dans le sens de la longueur et dont la partie centrale se scinde en deux et se porte sur le sac. Facilitateur en montée, sa force c’est le gain de poids et l'efficacité dans la trace avec des skis très étroits.

Phénix Blackbird et Corvette, Salomon Premiere.

Comment choisir et s’équiper en Splitboard ?

Les modèles pour femmes ou pour petits gabarits

Ces modèles ont des patins (largeur entre les pieds) plus étroits pour les petites pointures, et des flex adaptés.

Amplid Mahalo, Jones Dream Catcher, Nitro Volta, Rossignol Diva et After Hours Split, Phénix Stingray…

Quelques conseil pour choisir le bon splitboard

On choisit principalement la largeur du split en fonction de sa pointure, les grands pieds
étant plus limités pour leur angles sur des planches étroites.

Opter pour un split un ton en deçà de son snowboard solide niveau exigence et taille car la
board qu’on veut apprécier à la descente devra aussi être efficace à la montée.
Un splitboard facile et maniable au flex tolérant est quand même plus intéressant quand
on s’est enquillé 1500 mètres de dénivelés positifs et que les conditions seront très
différentes entre le sommet et l’arrivée sur une piste forestière défoncée à moitié
glacée ! Considérer qu’en split, on fait rarement plus d’une descente par sortie sauf si on
a une caisse de taureau slave.

Un split light, c’est attirant, mais la course au gain de poids se fait souvent au détriment
de sa résistance à l’impact ou à une mauvaise chute. Bref, un split plus léger, c’est plus
performant à la montée, plus cher, mais c’est aussi plus de risques de casse. Un arbitrage
bénéfice/risque est à opérer.

Comment choisir son Splitboard ?

Acheter un splitboard d’occasion? 
Ce qu'il faut savoir et éviter…

Les splitboards d’occasion sont peu nombreux et très courus. Attention à ne pas acheter une vieille rogne, avec un système complètement dépassé. Comme pour un snowboard solide, mais surement plus encore, il est bien sûr important de vérifier semelle (attention aux trous qui ont pu compromettre le noyau) et carres (attention aux enfoncements, voire aux cassures!).
Renseignez-vous sur l’usage que le propriétaire en a eu, le nombre de sorties qu’il a faites et son année de commercialisation. Si les peaux sont avec, vérifier qu’elles collent encore bien. 

Attention aux splits « faits maison » : pas de carres à l'intérieur, perçage des semelles pour mettre les inserts, etc.
C'était peut-être bon pour celui qui s'en est occupé pour son usage perso, mais à la revente on risque de ne se faire plaisir ni à la montée, ni à la descente.

Fabriquer son propre splitboard ?

Xavier de Le Rue a commencé à randonner avec son pro-modèle solide (la Rossignol XV) que son équipementier découpait à la scie sauteuse. Certains noyaux de modèles de snowboards Salomon étaient conçus pour pouvoir être coupés en deux pour en faire un split, et le fabricant Voilé a vendu un grand nombre de ses kits splitboard qui sont toujours d'actualité.
Pour autant, fabriquer soi-même son splitboard est une entreprise risquée et qui demande un peu d'expérience et de matériel.

Pour les plus bricoleurs et les amateurs de belles aventures, des tutos se trouvent facilement en ligne.

Quelles interfaces et quelles fixations pour le splitboard ?

Les splitboards sont adaptés au standard d’inserts Voilé, compatibles avec toutes les fixations de split, exceptés Burton et K2 qui ont remplacé les inserts par des rails (le fameux système « The Channel ») et dont il faudra s’assurer de la comptabilité avec ses fixations.

Une fixation de split se distingue d’une fixation traditionnelle par ses interfaces (pucks et étriers), à savoir l’ensemble des éléments vissés sur le splitboard et assurant la connexion de la fixation, en mode montée et en mode ride. C’est de l’interface que dépend le mécanisme de l’ensemble (à goupille ou mécanique) et les manipulations.

Comment choisir et s’équiper en Splitboard ?

Les différents systèmes (interfaces et fixations) du marché

Le Kit Voilé né dans les années 90, propose un système d’interface et une plaque en glissière sur laquelle on visse une paire de fixations classiques. Cette solution, assez lourde (le poids des fixations plus celui de la plaque…) est longtemps restée sans concurrence. Heureusement, les systèmes ont grandement évolué : rapides, légers et fonctionnels, ils passent de la position montée à la position descente en moins de deux.

Spark a repris le système Voilé en intégrant son système Tesla, un rail intégré sous l’embase de la fix et un système de capots sous les orteils pour déverrouiller. La fixation est éprouvée, légère et accessible en prix. Burton et Nitro utilisent le système Spark.

SP Binding emprunte le rail Voilé sur l’embase de sa fixation à double entrée (avant et arrière), quand K2, récemment arrivé sur le marché des fixations de split, intègre le nouveau système Voilé sans goupille sur sa fixation.

Karakoram propose ses propres systèmes, au nombre de deux (mais incompatibles entre eux), avec des fixations légères et précises : le SL avec un système de verrouillage latéral par levier, et le système Prime qui se verrouille par un arceau placé sous le talon.

Plum, le fabricant haut-savoyard, développe un système intuitif et se démarque par la prise de la fixation au centre (qui resserre les deux parties) et ses 4 coins mobiles, ce qui ne perturbe pas le flex de la planche. La marque propose des fixations pour l’ensemble des pratiques du split, de la fixation à spoiler carbone (la Feyan) ou plastique (Eterlou), à la fixation à entrée arrière (la Dari avec le système d’entrée arrière SP Bindings), en passant par la fixation pour hardboots (la Sok).

Phantom et Spark proposent également des plaques dédiées aux hardboots (à mettre dans le sac lors de la montée, ce qui n’est pas le cas de Plum).

Union a développé son propre système avec une interface en demi-disque, un système de goupille pour le verrouillage et une fixation entièrement moulée en plastique ou en carbone injecté (les autres marques sont toutes en aluminium) pour des sensations plus freestyle.

Quelles boots pour faire du splitboard ?

Pour débuter le split ou pratiquer occasionnellement, les boots habituelles suffisent.

Par contre, il faut bien avoir conscience qu'elles seront soumises à de rudes contraintes, vieilliront prématurément et trouveront leurs limites.

Pour une pratique plus assidue, mieux vaut investir dans des boots dédiées avec les caractéristiques suivantes :
- des renforts spécifiques sur le sabot et en tige (talon) pour plus de durabilité,
- une semelle type Vibram pour assurer un bon grip,
- un débattement arrière en mode montée pour faciliter la marche,
- des semelles cramponnables avec des crampons semi-automatique grâce à un débord sur l’arrière,
- un volume réduit pour moins de poids,
- un chausson respirant est un plus car on transpire beaucoup des pieds en split !

Comment choisir et s’équiper en Splitboard ?

Parmi les boots dédiées, citons les Deeluxe XV (et ses déclinaisons), ThirtyTwo Jones MTB, Fitwell Freeride, Nitro Vertical ou encore K2 Aspect.
À noter que les hardboots se développent également, comme celle de Pierre Gignoux avec son modèle Black Snowboard en carbone très exclusif qui séduit les adeptes de l’extra-light. Mais la plupart des amateurs de ride en hardboots adaptent des chaussures de ski de rando, la Dynafit TLT5 étant la plus populaire. 
La nouvelle marque Key Equipment, attendue cet hiver 21/22 devrait faire sensation avec un ride proche de la softboot, mais avec une efficacité à la montée très hardboot.

Quels peaux et couteaux pour le splitboard ?

Placées sur la semelle des skis, les peaux permettent de glisser sur la neige sans reculer, autrement dit d’ascensionner. Là où ça se complique c’est qu’il en existe plusieurs sortes, avec ou sans colle. Ne pas sous-estimer le choix des peaux : une peau offrant légèreté et bonne glisse facilitera la montée et l'expérience du splitboard en général.

- La peau 100% mohair en poil de chèvre.
Avantages : glisse et légèreté
Inconvénients : usure prématurée sur neige abrasive type neige froide ou neige de printemps dure et coupante. A éviter pour les sorties sur glacier.

- La peau 100% synthétique, en polyamide ou nylon.
Avantages : usure quasi nulle du poil.
Inconvénient : glisse moins bien qu’une mohair.

- La peau qui mélange les deux, mohair et synthétique, la plus vendue.
Avantages : faible usure donc durabilité.

Peau avec ou sans colle ? 
Il y a deux moyens de coller la trame sur le ski : la colle traditionnelle efficace mais qui demande d’être soigneux ou le silicone (appelé sans colle) facile d’entretien mais moins durable.

Comment choisir et s’équiper en Splitboard ?

Pour sécuriser sa pratique quand on est dans des dévers glacés ou dans certaines configurations, il faudra ajouter à ses fixations des pièces métalliques qui viennent donner plus d'accroche sur la neige, ce sont les couteaux. Chaque système de fixation propose son propre type d’accroche des couteaux.
On distingue trois grandes familles : le couteau qui reste sous la fixation, celui qui reste sur le ski et celui qui suit le mouvement.

Astuce : toujours avoir ses couteaux dans son sac. Les mettre avant de se trouver dans une posture délicate, avant d’aborder un passage gelé pour ne pas dévisser par exemple.

Les accessoires pas du tout accessoires

Parmi les accessoires à ne pas oublier pour sa session split :

- Une paire de bâtons télescopiques (3 brins) ou sécables (pliables). Sans bâtons, pas d’ascension, ils participent à la propulsion, sont utiles pour l’équilibre dans les passages scabreux, mais aussi à la descente pour pousser sur les plats des fonds de vallée.
- Un sac à dos de 20L minimum pour ranger pelle et sonde, avec l’option portage snowboard et skis quand on doit remonter un couloir en crampons.
- La trilogie DVA/Pelle/Sonde, évidemment.
- Gourde, thermos ou poche à eau : en split, on sue et il faut boire !
- Un encas pour la fringale qui cloue sur place !
- Carte ou appli cartographie/altimètre/GPS.
- Une paire de gants légers pour la montée et de gants ou moufles plus chauds pour la
descente.
- Lunettes de soleil pour monter, masque pour descendre.
- Grattoir (ou carte de skipass) pour gratter la glace des fixations et/ou des carres au
moment de solidariser sa split.
- Crème solaire qui pourra aussi être utile si la peau « botte » (accroche la neige en
paquets).

En option : 
- Crampons et piolets pour faire du raide ou des couloirs. 
- Du duct tape enroulé autour du bâton, des colliers de serrage en plastique en cas de galère de matos (ça arrive).

Comment choisir et s’équiper en Splitboard ?

POINT SÉCURITÉ

En montagne, on ne badine pas avec la sécurité et le split, c’est un apprentissage de ce milieu pas forcément évident pour qui n’a pratiqué qu’en station. 
Pour revoir les bases, on peut se référer à notre série d'article ci-dessous qui concerne aussi bien le ski que le snowboard. 

Car au final, on ne naît pas splitboarder, on le devient.

Si tu as aimé cet article, n'hésite pas à le noter. Si tu as des questions, tu peux les poser en commentaire, nous te répondrons avec plaisir.

Comment choisir et s’équiper en Splitboard ?

Mathieu r.

Passionné de Splitboard.